Cette semaine, Paris accueille un rendez-vous rare pour l’ostéopathie : le congrès international de l’Osteopathic International Alliance (OIA), co-organisé avec l’Unité pour l’ostéopathie (UPO). Les conférences ont lieu les 6 et 7 novembre à la Maison de la Chimie, dans le 7e arrondissement, et l’assemblée générale de l’alliance se tient la veille, le 5 novembre. Le thème donne le ton : « Ostéopathie : vers la complexité du patient ». Pour un patient qui consulte pour un mal de dos, une cicatrice qui tire ou un nourrisson qui pleure beaucoup, ce programme dit beaucoup de la façon dont la profession veut travailler aujourd’hui.
Plan de l'article
Un congrès international, deux jours de sessions à Paris #
La page officielle de l’OIA présente l’événement comme l’assemblée générale annuelle et le congrès 2026 de l’alliance, accueillis cette année en France avec l’UPO. Les sessions se déroulent en anglais ou en français, avec une application de traduction en temps réel proposée aux participants. Un concours de posters étudiants est jugé le vendredi 6 novembre au rez-de-chaussée, et les lauréats sont annoncés en fin de journée.
Sur la page d’inscription de l’UPO, les organisateurs annoncent deux journées qui réuniront « des chercheurs, des cliniciens, des responsables pédagogiques et des représentants d’organes régulateurs venus du monde entier ». Le public n’est donc pas le grand public, mais ce qui s’y discute finit tôt ou tard dans les cabinets.
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Petite note pratique pour les participants : l’OIA signale sur la même page qu’un appel à la grève des trains et du métro est annoncé pour le jeudi 5 novembre, avec un point d’information prévu par courriel la veille.
Le « patient complexe », de quoi parle-t-on ? #
Derrière ce terme, il n’y a pas de catégorie de malades à part. L’idée est qu’une douleur ou une gêne fonctionnelle s’inscrit rarement dans une seule cause mécanique : l’histoire de la personne, son sommeil, son stress, ses antécédents, son activité et son environnement pèsent aussi. Les deux conférences plénières encadrent cette réflexion. Le vendredi s’ouvre sur une intervention de Laurence Verneuil consacrée à la recherche qualitative en ostéopathie, c’est-à-dire l’étude de ce que vivent et rapportent les patients et les praticiens. Le samedi, Lionel Scotto d’Apollonia, titulaire d’une chaire UNESCO sur la complexité, intervient sur le thème « Penser la complexité du vivant : vers une nouvelle connexion dans le soin ».
Pour le patient, cela se traduit très concrètement : une première consultation qui prend le temps de l’interrogatoire, qui s’intéresse à autre chose que la zone douloureuse, et qui sait orienter vers le médecin quand la situation l’exige.
Ce que le programme dit des sujets vus en cabinet #
Le programme provisoire publié par l’OIA (salles susceptibles de changer, précisent les organisateurs) aligne plusieurs dizaines de sessions en parallèle. Plusieurs touchent directement des motifs de consultation fréquents.
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Grossesse, bassin et maternité
Une session en anglais aborde les douleurs pelviennes chroniques chez l’adulte et leurs particularités pendant la grossesse, avec la place du traitement ostéopathique. Le samedi, une autre présente une exploration de l’intégration des ostéopathes dans les maternités et de la collaboration entre professions. C’est un thème qui intéresse directement les futures et jeunes mamans, souvent orientées vers l’ostéopathie après l’accouchement.
Nourrissons et pédiatrie
Le volet pédiatrique est bien représenté : un cadre international pour des soins ostéopathiques néonatals fondés sur les preuves, l’intégration de stratégies de neuroprotection issues de la recherche en néonatologie, une étude sur l’imagerie thermique pour objectiver la douleur prolongée du nourrisson, et une évaluation des os pariétaux et des sutures du crâne chez des bébés atteints de craniosténose. Ces travaux montrent une profession qui cherche à mesurer, et pas seulement à ressentir sous la main.
Cicatrices, commotions, respiration
D’autres sessions portent sur la cicatrice considérée comme un système complexe, avec l’apport de la thermographie infrarouge, sur l’approche ostéopathique de la commotion cérébrale à partir de témoignages et de pistes de recherche, et sur l’analyse des mouvements respiratoires. Une intervention traite aussi de la place de l’ostéopathie dans la prise en charge pluridisciplinaire de l’anorexie mentale, en complément du suivi médical et psychologique.
Plus de preuves et une profession plus encadrée #
Une bonne partie du programme ne parle pas de techniques, mais de méthode. Une session présente la constitution d’un vaste jeu de données ostéopathiques centralisé, destiné à faire avancer la recherche. Une autre détaille le réseau de recherche collaborative du NCOR britannique. Côté terrain, on parle de l’ostéopathie intégrative à l’hôpital, d’applications mobiles permettant des mesures objectives au quotidien, et d’un modèle de validation des interventions non médicamenteuses.
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La régulation est l’autre grand fil rouge : l’évolution du statut légal de l’ostéopathie en Allemagne, son intégration au système professionnel du Québec, les limites professionnelles dans la relation de soin, ou encore un point sur la régulation médicale internationale. Pour le patient, ces débats ont un intérêt direct : ils conditionnent la formation des praticiens et les garanties offertes au cabinet.
Ce qu’il faut en retenir pour votre prochaine séance #
Un congrès ne change pas du jour au lendemain la façon dont se déroule une consultation. Mais il montre la direction prise : une ostéopathie qui documente ses pratiques, travaille avec les autres soignants et considère la personne dans son ensemble plutôt qu’une articulation isolée. Quelques réflexes restent valables, ici à Saint-Estève comme ailleurs.
Signalez tous vos antécédents, vos traitements en cours et les examens déjà réalisés, même s’ils semblent sans rapport avec la douleur. Dites aussi ce qui a changé récemment dans votre quotidien : reprise du sport, nouveau poste de travail, période de stress ou sommeil perturbé. Et gardez en tête que l’ostéopathe n’est pas là pour remplacer le médecin : une douleur inhabituelle, une fièvre, un engourdissement ou une perte de force justifient d’abord un avis médical.
Les interventions de Paris seront sans doute reprises et discutées dans les mois qui viennent. Nous suivrons les travaux qui concernent directement les patients, en particulier ceux qui portent sur la grossesse, les nourrissons et les douleurs persistantes.




