Mal au cou et smartphone : le temps d’écran n’explique pas tout, selon une étude

Une étude turque menée auprès de jeunes femmes suggère que la façon d’utiliser son smartphone serait davantage liée à la posture du cou que le nombre d’heures passées dessus, mais ses résultats restent faibles et ne prouvent aucun lien de cause à effet.

En bref
  • L’étude porte sur 63 étudiantes de 18 à 25 ans, publiée dans BMC Musculoskeletal Disorders.
  • Le temps passé sur le téléphone n’est pas relié à la gêne du cou ni à la posture.
  • Un score élevé d’usage problématique est associé à une tête plus en avant et à une gêne accrue.
  • Toutes les associations sont jugées faibles par les auteurs eux-mêmes.

Comment cette étude a-t-elle été menée ? #

Les travaux, présentés par News-Medical, viennent de l’université Necmettin Erbakan, en Turquie. Ils ont été publiés dans la revue BMC Musculoskeletal Disorders.

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Les 63 participantes, âgées de 21,4 ans en moyenne, étudiaient dans une faculté de sciences de la santé. Les femmes ayant eu mal au cou au moins deux fois dans l’année écoulée devaient en principe être écartées, même si environ 16 % ont quand même déclaré une douleur chronique.

Les étudiantes ont rempli des questionnaires sur leur usage du téléphone, leur activité physique et leur gêne au cou. Des examinateurs ont ensuite mesuré l’angle de la tête, la mobilité du cou et l’endurance de ses muscles.

Que montrent les résultats ? #

Les participantes passaient environ 6,1 heures par jour sur leur téléphone. Pourtant, ce temps n’était relié à presque rien. Seule ressort une association faible et inattendue avec une meilleure endurance des muscles fléchisseurs du cou.

Le score d’usage problématique, mesuré par un questionnaire sur l’addiction au smartphone, racontait autre chose. Plus il était élevé, plus la tête se portait vers l’avant, assise comme debout. La gêne fonctionnelle du cou augmentait aussi, et certains mouvements devenaient plus limités.

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En revanche, ce score n’était relié ni à l’intensité de la douleur, ni à l’endurance musculaire, ni à l’activité physique. L’étude ne dit donc pas que l’usage problématique fait davantage souffrir.

Peut-on en conclure que la durée d’écran ne compte pas ? #

Non, et c’est le point essentiel. L’étude a observé les participantes à un seul moment, ce qui ne permet pas de dire si l’usage du téléphone modifie la posture. Elle ne montre pas non plus l’inverse.

L’échantillon est petit et ne comprend que de jeunes femmes, donc les résultats peuvent ne pas s’appliquer aux hommes ni aux autres âges. L’usage du téléphone était déclaré par les participantes, et les calculs n’ont pas été corrigés pour le grand nombre de comparaisons, ce qui augmente le risque de résultats dus au hasard.

Les auteurs jugent eux-mêmes leurs conclusions exploratoires et réclament des travaux plus vastes, menés dans la durée. Une étude comme celle-ci pose donc une question intéressante plus qu’elle n’apporte une réponse.

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Que retenir au quotidien ? #

Pour le cou, l’Assurance maladie conseille de continuer ses activités en les adaptant, d’éviter les attitudes figées trop longtemps et les mouvements brusques, et de maintenir une activité physique, même minime.

Elle invite aussi à vérifier la literie. La position à plat ventre et le traversin sont déconseillés la nuit lorsqu’on a mal au cou. Si le stress aggrave vos douleurs, la relaxation peut aider.

Sans en faire une règle issue de cette étude, on peut en profiter pour observer ses habitudes : changer de position pendant un long moment de lecture, poser le téléphone quand le geste devient automatique, remonter l’écran plutôt que descendre la tête.

Quand faut-il consulter ? #

La plupart des douleurs cervicales ne sont pas graves. La Haute Autorité de santé indique qu’une cervicalgie commune s’améliore généralement en 4 à 6 semaines avec un traitement des symptômes, sans imagerie.

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Ameli recommande de voir son médecin traitant dans les jours qui viennent si la douleur s’aggrave malgré les antalgiques, si un torticolis dure plus de 8 jours, si la douleur descend dans un bras ou si les épisodes reviennent souvent sans bilan.

La consultation doit se faire dans la journée en cas de fourmillements ou de lourdeur dans un bras, de maladresse d’une main, ou de douleurs qui réveillent la nuit.

Il faut appeler le 15 ou le 112 sans tarder si une douleur soudaine s’accompagne de fièvre, de maux de tête, de vomissements et d’une gêne à la lumière. C’est également le cas pour une douleur violente associée à des troubles de la parole ou de la vue, à une paralysie, à des difficultés à marcher ou à un malaise.

Quelle place pour l’ostéopathie ? #

Cette étude n’a pas testé l’ostéopathie, ni aucun autre soin. Elle ne permet donc pas de dire qu’une séance corrigerait une posture ou préviendrait une douleur. En cas de gêne persistante, le premier réflexe reste de vérifier avec un professionnel de santé qu’il n’y a pas de signe d’alerte, puis de parler de vos habitudes réelles plutôt que de votre seul temps d’écran.

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Questions fréquentes #

Regarder son téléphone six heures par jour est-il sans risque pour le cou ?

L’étude ne permet pas de l’affirmer. Elle ne trouve pas de lien net avec la durée dans un petit groupe de jeunes femmes, mais son protocole ne peut pas établir une absence d’effet.

Le score d’usage problématique explique-t-il les douleurs ?

Non. Il est associé à la posture et à la gêne fonctionnelle, mais pas à l’intensité de la douleur, et ces associations restent faibles.

Faut-il passer une radio quand on a mal au cou ?

Sans signe d’alerte, la HAS n’indique l’imagerie d’une cervicalgie commune que si la douleur persiste au-delà de 4 à 6 semaines. La décision revient au médecin.

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